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 En novembre dernier, à l’occasion de la compétition de danse « Battle of Style 2016 » organisée notamment par la MJ « La Baraka » (Liège), une conférence fut donnée sur le Hip Hop à l’Université de Liège. Menée par le sociologue Marco Martiniello et l’animatrice Romina Carota, elle fut l’occasion pour le public de (re-)découvrir une partie de l’histoire de ce mouvement, avec DJ Dee Nasty et le rappeur Amir Issaa, et son impact sur une certaine jeunesse.  Le groupe belge « One Nation » et le danseur-animateur Patribe Kanyinda étaient également les invités de cet événement pour parler de la pertinence du Hip Hop comme outil de travail dans le domaine social. Voici un résumé de cette soirée riche d’analyses et de partages d’expériences…

Aujourd’hui, plus personne ne peut nier l’existence du Hip Hop. C’est un mouvement culturel médiatisé qui a émergé durant les années 60-70 aux États-Unis et qui aujourd’hui n’échappe à personne aux quatre coins du monde. Globalement, il se porte bien, avec le Rap, et l’on peut rester positif quant à son avenir. Cependant, force est de constater que les jeunes de ce début de siècle ne se lient plus au Hip Hop de la même manière que l’ont fait leurs grands frères… ou leurs jeunes pères. Jadis, le Hip Hop s’écoutait longuement et l’on prenait le temps de l’apprécier. De nos jours, le Hip Hop s’écoute à la vitesse éclair et se consomme comme du fast-food. Certains jeunes, plus matérialistes, qui souhaitent se lancer dans la création musicale perçoivent le Hip Hop comme une « machine à faire du fric » idéale pour se payer villa avec piscine, belle sportive ou montre de luxe.

Mais en dehors de ces constats, il reste un mouvement porteur de valeurs, celles du challenge, de l’émancipation sociale, du dépassement de soi et de l’ouverture à l’autre. Il exprime souvent une rage, à l’instar du jazz qui, à ses débuts, se fondait sur une douleur sociale – d’où l’expression imagée du sous-titre « dansons sous la pluie » - issue des populations les plus défavorisées et finit par toucher d’autres catégories de la société.  Un bémol toutefois : la place de la femme, qui a toujours dû faire plus d’efforts que l’homme pour parvenir à une crédibilité artistique. Aujourd’hui, certaines jeunes femmes telles que Romina, animatrice à la Baraka de Liège, arrivent à prendre leur place et à la tenir, réfutant les arguments obscènes du machisme ambiant. Elles sont même capables d’offrir aux jeunes bien plus, grâce à leur travail d’émancipation au travers du Hip Hop, que ce que ne le font certains danseurs.

Le Hip Hop, au contraire de certaines danses ou styles musicaux, est passée de phénomène de mode à phénomène culturel pérenne. Il a derrière lui plus de trente années d’histoire documentée. Il a cette force de pouvoir être appris de tous en tout lieu, des quartiers de banlieue jusqu’aux salles de danse de villes de province. Mais le Hip Hop, et en particulier le Rap, souffre d’une certaine image rebutante auprès de la société. La vulgarité de quelques clips diffusés la journée sur MTV ou MCM, la violence, l’impolitesse, le sexisme et le machisme pesant de certains jeunes font de ce mouvement un espace propice à susciter craintes et rejets de la part de la société bourgeoise.

Pourtant, si elle ne peut nier ces aspects négatifs qui ternissent quelque peu son aura artistique, la communauté Hip Hop ne peut être réduite à ces clichés qui ne concernent qu’une infime partie de sa « tribu ». Dans les Centres de Jeunes, les clubs de danse, les organisations de battles ou de spectacles, le Hip Hop essaie toujours de montrer son côté authentique, celui qui expose au public sa vérité, son essence même, sa force vive. Le Hip Hop émancipateur, créatif, qui unit et élève. 

Pistes bibliographiques :

·         Olivier CACHIN, Hip hop : l'authentique histoire en 101 disques essentiels, Scali, 2007.

·         Jeff CHANG, Can't Stop Won't Stop : Une histoire de la génération hip-hop, Allia, 2006.

·         S.H. FERNANDO Jr, The new beats : musique, culture et attitudes du Hip-Hop, Éditions de L'Éclat, 2008.

 

Pistes cinématographiques et télévisuelles :

·         8 Mile, de Curtis HANSON (fiction, 2002).

·         Paris Hip Hop 2011, de Paul FLORENT (documentaire, 2011).

·         Rize, de David LACHAPELLE (documentaire, 2005).

·         Save the Last Dance, de Thomas CARTER (fiction, 2001).

·         Steppin', de Sylvain WHITE (fiction, 2007).

·         Street Dance, de Max GIWA et Dania PASQUINIAND (fiction, 2010)

·         Street Dance 2, des mêmes réalisateurs (fiction, 2012)

·         Street Dancers, de Chris STOKES (fiction, 2004).

·         The Get Down (série télévisée, 2016).