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La F.C.J.M.P. regroupe 58 membres répartis dans toute la Wallonie.

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BePax asbl, le Programme communal de cohésion social (LES asbl) et le Centre de Ressources et d’Appui pour la prévention des extrémismes et des radicalismes violents (CREA-FWB) co-organisaient ce 26 octobre une journée de réflexions sur les réponses à apporter au complotisme.
Après une introduction De Rachid Madrane (1) et de Sarah Turine (2), trois orateurs de haut vol se sont succédés à la tribune. Leurs interventions furent particulièrement riches. Ce petit article n’en sera donc qu’un pâle reflet.

Edgar Szoc, un technicien et Yves Collard

 

Marie Peltier (3) a proposé une première approche de ce système né de la rupture de la confiance envers le monde politique et les médias et qui imprègne tout un chacun à des degrés divers, faisant redouter que derrière ce que l’on « veut bien nous dire » se cache une toute autre réalité manipulée par un petit nombre cherchant à maîtriser le monde à leur profit. Ces derniers incarnant le coupable universel de toutes nos souffrances.

Marie Peltier

Elle a rappelé de nombreux exemples allant des causes de la révolution française jusqu’aux attentats de Paris en passant par l’assassinat de Kennedy, la guerre froide, les twin towers, la guerre en Iraq ou l’influence du Kremlin dans les élections américaines.

Elle concluait en insistant sur l’inutilité de vouloir combattre verticalement ce phénomène, prônant plutôt d’entendre la soif d’éthique, de transparence et de justice qui sous-tendent ce système et de recréer la confiance en proposant une analyse systémique historique des sources de l’information.

 

Edgar Szoc (4) lui succédait pour une intervention en trois temps.
Il a d’abord cerné la thématique. Le complotisme tend à apporter une réponse à une question irrésolue. Il postule une cassure entre les apparences et la réalité. Cette réalité est organisée par un comploteur diaboliquement compétent. Le comploteur est mal intentionné et rêve d’asservir l’humanité. Les anomalies (comme le terroriste qui oublie son passeport dans la voiture) dans la version officielle des faits sont relevées à l’extrême. Enfin la théorie complotiste est infalsifiable (pas de possibilité de contre-exemple).
Il expliquait ensuite ce qui rend ce système si séduisant en citant l’erreur de composition, le biais d’intentionnalité, le biais de confirmation et le biais de proportionnalité. Je vous renvoie vers son livre « Inspirez, conspirez » pour découvrir ces concepts en me contentant d’une illustration imagée : bien que cela n’ait aucune influence, quand on veut faire un « 1 », on lance rarement le dé de toutes ses forces…
Avant de conclure, il a tenu à modérer le consensus actuel sur l’idée d’une recrudescence du complotisme dans nos sociétés.

 

Yves Collard (5) a alors pris la parole pour une approche beaucoup plus philosophique du phénomène. Comme il accompagnait son intervention d’une projection, les lumières se sont éteintes et votre dévoué a donc dû laisser son carnet de notes, voici cependant deux citations de philosophes extraites de mes souvenirs. « Il n’y a pas de faits, il n’y a que des interprétations ». « L’opinion domine la vérité ». Il décrivait ensuite les mécanismes du doute et mettait en parallèle les démarches scientifiques et complotistes. Là aussi, je vous invite à consulter son outil pour plus d’éclaircissements : www.theoriesducomplot.be

 

La présence d’un ministre et d’une échevine mais aussi de la presse télévisée et surtout la salle comble doivent nous interpeler : la problématique de la théorie du complotisme est bel et bien encore d’actualité et il est de notre devoir d’en prémunir les jeunes, de leur rappeler le devoir de mémoire, de les avertir des dérives possibles des réseaux sociaux et de leur donner les clés pour que leur esprit critique soit suffisamment construit pour démonter ces mécanismes pervers.

 

HZ

 

 

(1) Ministre de l’Aide à la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de Bruxelles.
(2) Échevine de la Jeunesse, de la Cohésion sociale et du Dialogue interculturel à Molenbeek.
(3) Historienne, chercheuse et enseignante à l’Institut supérieur de Pédagogie de Bruxelles.
(4) Économiste et romaniste, chargé d’études à BePax.
(5) Historien de l’art, expert en éducation aux médias chez Media Animation.